Interview de "Boris / Philippe Dhondt (Interview 2011)"

Boris / Philippe Dhondt (Interview 2011)

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Boris / Philippe Dhondt (Interview 2011)
Bonjour Boris, tu fais ton grand retour sur scène pour une tournée de 12 dates à travers la France. La Génération Dance Machine va donc faire la fiesta avec ses stars dance préférées : les jolies Gala, Indra, Corona, Black Box, et les beaux gosses Worlds Apart... et Boris ! Cela va être top délire mega groove ?
Oui, je pense que l’on risque de bien s’amuser. C’est un élément essentiel en tout cas pour moi qui chante des chansons second degré. Le public va être totalement réceptif car en phase avec la décennie 90’s

En 1996, tu as ambiancé Bercy lors de deux Dance Machine. Peux-tu nous dire ce que tu retiens de ces shows ?
J’en retiens de bons souvenirs car c’était de l'événementiel, de belles salles et des rendez-vous incontournables de l’époque. J’ai dû en faire 3 en fait, un sous mon premier groupe Pleasure Game avec la reprise du "Capitaine Flam" puis un Dance Machine avec "Miss Camping" et un Disco Machine avec "Soirée disco". Mais j’y retiens plus un but promotionnel, en effet tous les artistes qui s’y produisaient avaient un truc à vendre.
Là ca va être tout autre... limite beaucoup plus excitant mais personne n’est en promo, pas de pression de maison de disque ou de production, juste l’artiste avec ses chansons tubes qui a laissé un souvenir à une génération.





Boris - Miss Camping (Dance Machine 1996)


Nous allons d’abord parler de Boris car c’est vraiment le personnage avec lequel tu as eu le plus gros tube. Nous terminerons, Philippe, si tu le veux bien, avec tes projets annexes tels que Pleasure Game.

Boris / Philippe Dhondt (Interview 2011)
Le personnage Boris a été inventé quand tu étais animateur sur Radio Galaxie. C’était un délire dans ton show et puis il y a eu "Soirée disco", lorsque ces sons sont revenus à la mode en France. Peux tu nous dire comment ce personnage t’as permis de faire le tour de France ?

On fait le tour de France quand on a un succès. Déjà, il a une petite erreur au départ, on m’appelle Boris mais je ne suis pas Boris. Je suis le narrateur et l’auteur de ces histoires. C’est plutôt Philippe Dhondt qui raconte Boris.
Boris est un projet pur, basé sur des histoires racontées sur une radio électro de Lille : Galaxie.

Le projet Boris est né en 1992, 3 ans avant la sortie sur CD que vous connaissez, ce personnage est né un soir à 20 heures en radio. C’est un des rares, sinon le seul concept radio, qui soit sorti en disque, en tout cas en France.
Projet au départ très underground (y a qu’à se plonger dans l’album pour le ressentir) puis projet commercial car l’histoire la plus populaire a été extraite et ce fut "Soirée disco". Arthur l’a choisi en générique de "La fureur du samedi soir", les dj ont enchainé en diffusant ce drôle de disque un peu à part à l’époque et ce fut le début d’une histoire commerciale au côté très marketing.


Boris / Philippe Dhondt (Interview 2011)
Ensuite, il y a eu "Miss Camping"...et comme le titre l’indique on fait la fête sans se prendre au sérieux.
D'ailleurs, tu as parfois fait le choix de titres très décalés. Sur le premier album sorti en 1995, il y a par exemple "La ferme à grenouilles", "Prout invaders", "Les nains de jardins", "La danse des gros"...
Sur le second sorti en 1997, il y a "La cafetière à bière", "La boîte à conserve" et "Rave party dans les grottes de Lascaux". Qu’est-ce qui t’as inspiré tout ça ? Tes auditeurs ?

Je m'inspirait parfois c’est vrai des auditeurs ou d’amis qui me racontaient leurs délires.
Boris / Philippe Dhondt (Interview 2011)
Je les transformais le soir en racontant une histoire bizarre, il fallait que ce soit décalé ou absurde, mais je me laissais aussi guider par les sons qui passaient à l’antenne, il y avait trois-quarts d’improvisation le soir à l’antenne.


Boris, c’est le délire mais c’est aussi un univers enfantin à l’image de la chanson "La lettre" à l’époque de la dream music. Pourquoi ce double univers ?
Car peut-être double personnage en moi, il fallait que le Boris ait un petit côté sensible, un peu comme dans un film où il y a toujours une petite histoire love love.


Clip de Soirée Disco


Tu as tout réalisé seul ou d'autres personnes ont travaillé avec toi sur tes albums ?
Ouh la non, je suis bien incapable de réaliser tout ça seul. Je suis auteur mais pas compositeur, j’ai eu la chance de travailler avec des compositeurs très réactifs comme Jacky Meurise (SA42), Benoit Marissal, Sébastien Darras. J’avais du beau monde autour de moi. Les producteurs et la maison de disques furent aussi très efficaces.

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Tu collabores ensuite en 2000 avec Xavier Decanter. Cela donne un nouvel album "Arrête j'ai mal à la tête !!!" avec Dj Xam et les tubes "T'es zinzin" et "Ta mère elle va jumper". Ceux sont des sonorités sont plus techno...
Oui, on a toujours baigné là dedans dans le Nord, et là on s’est fait plaisir. On voulait que ça burine bien, on était très bien dans la réalisation de cet album. Et c’était très facile de travailler avec Dj Xam. Il était en train de prendre son envol et avait déjà de belles idées de compo.

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Boris est de retour en 2004 avec les titres "Poupin-up" et "Soirée Bistrot", extrait de ton dernier album en date "Le carnaval des fracassés". Il contient des parodies et des reprises. C’est dans la même lignée que tes titres des années 90 ?
Rien à voir, on n’est plus dans le même trip là. Ce sont d’autres rencontres mais ce n’est surtout pas moi qui cherche à sortir un disque mais plutôt une demande extérieure. C’est plutôt une commande. "Philippe t’as une idée", "hé Philippe et si on faisait ça". Là, on n’est pas dans un projet pur d’un Boris qui est né de mon cœur et de ma p’tite tête.
On est dans le "ménage" disons.... Histoire de continuer à vivre de ses délires et pour continuer à exercer mon métier. Je pense que je n’aurais pas eu besoin de faire ça si j’avais eu le métier que j’ai maintenant. Désormais je suis comédien voix off, je vend ma voix pour des spots TV, Radios, jingles et autres commentaires à l’image. Ce métier m’éclate et je peux m’exprimer chaque jour dans ma cabine son personnelle sans bouger de chez moi. Avant pour parler devant un micro je devais attendre que quelqu’un me demande en studio pour un projet, qui n’était en plus, pas sûr d’aboutir.


"Soirée Bistrot" nous l'avons découvert sur Fun Radio. C’est une idée de Max, non ?
C’est une écriture Max en effet, que je reprend, j’avais trouvé ça drôle à l’époque.



C’est à cette période que nous t’avions vu sur scène au Scorp dans une soirée gay appelée "Oh la la". Tu as des connections particulières avec les gays ?
Non, aucune à part le fait d’être entouré de gays dans le métier. C’est pas plus mal, ça m’a enlevé mon coté hétéro de base (rires). Je ne lis plus l'"Equipe" et "France football" au petit déjeuner à l’hôtel désormais.
Le Scorp est un excellent souvenir, souvenir de fête, et une invitation de Super Nana, ça ne se refuse pas.
Les gays ont compris plus vite que les autres la dérision de Boris et le côté kitch surréaliste de mes histoires.

Boris / Philippe Dhondt (Interview 2011)


Boris / Philippe Dhondt (Interview 2011)
Juste avant Boris, et c’est comme ça que le grand public t’as connu, il y a eu l’aventure Pleasure Game : "Le dormeur doit se réveiller" et "Le seigneur des ténèbres". Parle-nous de cette première période...
Belle aventure de jeunesse... Je passe ma vie en bandelette de la tête au pied pour incarner la momie du "dormeur"... Rencontre avec le label Scorpio Music et les Daniel et Henri Belolo... Les années Maxximum... Je tourne dans tous les clubs de France, je fais même le "Club Dorothée" et le "Jacky Show".
Oliver Kaefer fut mon tourneur à l’époque, il est le producteur artistique de la tournée années 90 et nous allons nous revoir pratiquement 20 ans jour pour jour avec les débuts de Pleasure Game. La vie est bizarre.




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Tu as fais parti de Pleasure Game seulement pour les premiers singles ou aussi pour les autres titres : "Le petit chien qui fume", "Capitaine Flam", "Chéri je t' aime (Mustapha)" et le "Martyr" ? C’était de la totale performance, les lives de Pleasure Game ?
J’ai surtout "incarné" le personnage du dormeur et je me suis accroché à ce groupe pendant 5 ans. Pleasure Game c’était du cinoche de Série Z sur scène, rien de bien sérieux, on jouait déjà à faire le con. Cà m’a bien appris pour la suite avec Boris.

Votre reprise de "Capitaine Flam" était excellente. Quand à moi je délire encore de temps en temps sur "Le petit chien qui fume". Peux-tu nous raconter comment est né ce morceau ?
"Capitaine Flam" m'a permis de faire Dance Machine. Ce fut déjà énorme.... présenté par Laurent Boyer ce capitaine flam d'ailleurs !!
"Le petit chien qui fume" est un titre imaginé par le compositeur Benoit Marissal. On avait terminé le titre mais on n’avait pas de nom... alors ce titre est venu bêtement, et on a on a dit "allez on l’appelle ainsi". Je me demande si on a été sérieux une fois finalement...




Boris / Philippe Dhondt (Interview 2011)
Il y a aussi eu les sexys "Activez les plaisirs" et "Caresse ma bosse". Il y aurait eu une version plus chaude intitulée "Le branleur doit se masturber". C’est vrai ?
Comment peut tu te souvenir de ça ? Ce truc je lai dis une ou deux fois mais sur l’antenne de Galaxie en 1991. Un mec a du l’enregistrer sur une K7 (qu'il m’en envoie une copie d'ailleurs !) et en parler autour de lui. Depuis ca a été relayé par des blogs. Incroyable ce qu’une phrase dite une fois peut ressurgir 20 ans plus tard.

Tu avais fais la toute première Dance Machine en octobre 1993. Tu as quitté Pleasure Game car tu te sentais à l’étroit avec ces producteurs et que tu voulais créer ton propre projet ?
Hihi ! Non, c’était exactement les mêmes. Pleasure Game s’est arrêté faute d’idée, mort d’un groupe de dance comme beaucoup à l’époque. C’est à ces mêmes personnes que j’ai proposé le concept Boris.

Boris / Philippe Dhondt (Interview 2011)


Peux-tu nous parler de tes potes avec lesquels tu as composé tous ces titres festifs ? Comment travailles-tu avec eux ? Ils sont plutôt derrière les consoles et toi tu apportes le délire ou ça se passe autrement ?
Les deux, soit la musique est prête et on y colle une histoire, soit j'ai un texte et il me faut une musique adaptée. Mais, dans le cas du premier album, j'avais un vingtaine de textes déjà prêts. Il fallait des musiques.

Nous pensons notamment à tes collaborateurs. As-tu une anecdote pour l’un d’entre eux :
puce Xavier Decanter (Dj Xam, Tom Snare, Le Park, Time Stretcher...)
puce Benoît Marissal / Bruno Van Garsse / Jacky Meurisse / Michel Nachtergaele (Pleasure Game, Amnesia, Les G.O. Culture, X-Kameron, Hobby One, Le Park, Phenomenal Club, Time Stretcher...)
puce Luc Bruaud (Dj Rien....) c’est Bienvenu chez les chtis, un sudiste travaille avec ses potes du nord de la France...

Xavier Decanter se tripote dans sa douche mais c’est pas un scoop ... et Luc (dj rien ) crie « allez L’hoèèèèème » avant de se coucher, mais ça non plus c’est pas un scoop.
Bon sérieusement... j’en vois plus beaucoup depuis mon déménagement dans le sud ouest en 2006. Chacun vie sa life. Mais Facebook est là, alors on se tient au courant. Tous les gens que tu cites ont apporté quelques choses à ma vie, et la réciproque est vrai je suppose. Néanmoins, je revois Luc de temps en temps.


Boris / Philippe Dhondt (Interview 2011)
Tu as travaillé avec Luc sur Phenomenal Club et les chansons de supporteurs "Il est vraiment Phenomenal", "Pedro va au Brésil" et "On r'met...coin coin ?"
Luc était le chanteur sur scène oui... moi je ne revendique que la première "Il est vraiment phénoménal" le reste ne me concerne pas. C’est Xam et moi qui avons amené l’idée de la chanson à la production à l’époque, j'ai aussi fais quelques backing vocals dessus, je suis co-auteur et Xam est le compositeur de cette chanson populaire. That’s all... mais ça met du beurre dans les épinards et ça fait encore chanter les banquets arrosés. Cool ! ...et joli disque d’or en prime !



Tu es un fan de musique électronique ou tu l’utilises car c’est pour toi le meilleur moyen de délirer ?
Je pense oui... je suis sorti très tard en club, pas trop fan de la zik des années 80, j’étais plus Human League et Cure que Modern Talking. Le phénomène acid new beat né en Belgique m'a enfin fait sortir et danser puis la tek de 90, 91 et 92. Avant ? j’étais aussi fan de hard Rock, AC/DC et d'ailleurs le dernier concert que j’ai fais, je les ai vu 3 fois en un an ! Une fois à Bercy et deux fois au Stade de France.



Boris / Philippe Dhondt (Interview 2011)
Revenons à ton actualité Génération Dance Machine ! La tournée va passer par Paris mais aussi par d’autres villes (Lille, Strasbourg, Lyon, Marseille...). Comment appréhendes-tu ces retrouvailles avec ton public ?
Je pense que ce sera une tournée saine, faite d’amusement et de délires coté public mais côté scène aussi. Moi qui ait fait beaucoup de presta en clubs à 2 heures du matin, là, je vais me retrouver avec un public acquis à la cause années 90, des lights, un show, du son, beaucoup de danseurs sur scène, un décor... Entourés de pros dans tous les domaines... J’avais connu ça lors d’une tournée d’été avec M6 en 2000. Tu vois... je pense que je vais être bien !
C’est un peut comme si tu demandais à un joggeur d’enfiler des Nike et de courir sur une piste alors qu’il s’est entrainé pendant 10 ans à courir pieds nus ... et sur le sable. Je pense que ce jogger là va courir léger, heureux, et faire un beau chrono.
Et le plus de cette tournée, c’est que personne n’est en promo, moi, je ne cherche pas à revenir dans l’actu, juste chanter mes chansons qui ont marqué une partie des années 90.

Mais putain de pression sur Lille oui... car mes amis seront tous là, ils m’en parlent beaucoup et ça a tendance à m’irriter. Je dois faire abstraction de tout ça et en faire une date comme les autres. Mais, j’avoue que cette date est quand même en rouge sur mon calendrier. Je reviens sur mes terres. Le coté émotionnel va jouer.
Sur cette tournée je vais retrouver des gens que j’apprécie... C’est très important pour moi.. Je ne me voyais pas repartir en spectacle sans un coté affectif qui accompagne ce come back. Olivier K ma appelé plusieurs fois pour cette tournée... y a pas de hasard...

A 110 % ou rien ! et que vive le cirque !


Merci Philippe d’avoir répondu à PArisGayZine.

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