Notre article "Eurovision in Concert 2026 (Eurovision 2026)

Eurovision in Concert 2026

Eurovision in Concert 2026
Eurovision in Concert 2026
Samedi 11 avril 2026 à AFAS Live Amsterdam



Drapeau FI Krista Siegfrids (Finlande - ESC 2013)


La soirée s’ouvre avec Krista Siegfrids, tornade finlandaise à l’énergie contagieuse. « Eurovision lovers, would you marry me ? » lance-t-elle d’emblée, avec d’interpréter son titre devenu culte malgré une modeste 24ᵉ place à Concours Eurovision de la chanson 2013. Drapée dans une robe de mariée, bouquet à la main, elle en joue avec malice avant de le lancer dans la fosse. Celui ou celle qui le récupère sera peut-être le/la prochain/e à convoler.

 Krista Siegfrids (Finlande - ESC 2013)


Après avoir chauffé la salle, elle fait monter sur scène Cornald Maas, impeccable dans son costume beige, fidèle à ce rendez-vous. Habitué des lieux, le présentateur perpétue la tradition : chaque année, il accompagne une figure du concours - notamment Heja Bjork, Charlotte Perrelli, puis Stefania - et ensemble ils invitent pour la première fois sur scène la promo du concours Eurovision, un mois avant la tenue de l’évènement. 27 des 35 artistes que l’on retrouvera à Vienne les 12, 14 et 16 mai, viennent ce soir se produire à Amsterdam.

Entre humour et engagement, Krista rappelle que le mariage pour tous célèbre ses 25 ans aux Pays-Bas, tandis qu’il n’est reconnu en Finlande que depuis 2017. « Moi, mariée, divorcée… un nouveau lover ce soir ? » glisse-t-elle avec espièglerie, ponctuant son intervention de quelques mots en néerlandais. Cornald, lui, formule un vœu : voir revenir l’an prochain plusieurs pays absents - les Pays-Bas, l’Espagne, l’Irlande, l’Islande et la Slovénie - comme autant de promesses d’une scène européenne toujours rassemblée.

 Krista Siegfrids (Finlande - ESC 2013) & Cornald Maas


Drapeau MD Moldavie - Satoshi


Originaire de Moldavie, Satoshi ouvre le bal en tant que premier des 27 artistes à fouler la scène. Avec Viva, Moldova!, il donne immédiatement le ton : une entrée vive, rythmée, presque électrique.

Entouré d’un duo féminin énergique, dont Aliona Moon, visage familier du Concours Eurovision de la chanson depuis sa participation en 2013, Satoshi, 27 ans, évolue avec une aisance bondissante. Vêtu d’un t-shirt de sport, il insuffle une dynamique, comme porté par l’élan du public.

Son visuel ponctué de couleurs éclatantes accompagne cette dynamique avec quelques mots projetés de sa chanson (Aloha ! Soroca ! Europa ! Salute ! Moldova is on duty) , renforçant l’identité visuelle du numéro. L’ensemble est simple mais percutant, à l’image de cette ouverture.

En quittant la scène, Satoshi, sourire aux lèvres, adresse un clin d’œil au public : un joyeux anniversaire au concours Eurovision, qui célèbre ses 70 ans - comme une invitation à prolonger la fête.



Drapeau UA Ukraine - Leléka


La scène change d’atmosphère lorsque la chanteuse ukrainienne Leléka prend le relais avec Ridnym. Après l’énergie de l’ouverture, place à une parenthèse délicate, presque suspendue.

L’artiste est baignée d’une lumière pâle, presque lunaire. Le tableau dont le blanc domine est aérien, vaporeux. Sa longue robe, ornée de plumes - majoritairement blanches, ponctuées de quelques touches noires évoquant celles d’un oiseau - accompagne chacun de ses mouvements avec légèreté.

Les visuels - peu élaborés - glissent vers des teintes chaudes, doré et orange, créant un contraste avec la pureté de la silhouette. La voix, haute et cristalline, s’élève tout en restant portée par une douceur constante.

L’ensemble compose un moment intimiste et poétique, comme une respiration au cœur du spectacle.



Drapeau SM Saint-Marin - Senhit


Pour Saint-Marin, la scène bascule dans un univers résolument festif avec Superstar, un titre dance taillé pour faire vibrer la salle. Senhit apparaît sans Boy George ce soir encore. On ne sait pas vraiment s’il sera à Vienne ; toujours est-il que le leader de Culture Club est annoncé à la pre-party de Londres.

Crinière volumineuse et allure affirmée, Senhit impose immédiatement sa présence dans une tenue à mi-chemin entre disco et futurisme, scintillante et audacieuse. Autour d’elle, quatre danseurs au charisme assumé structurent la chorégraphie, alternant mouvements synchronisés et porté spectaculaire de la chanteuse qui représente pour la quatrième fois le petit Etat.

Le tableau mêle énergie brute et esthétique club. Au terme de la performance, Senhit demande des applaudissements pour ses danseurs, comme pour partager pleinement la lumière.



Drapeau PL Pologne - Alicja


La Pologne est représentée par Alicja avec Pray, une ballade contemporaine et hybride qui défend l’idée de croire en soi. Le morceau mêle influences soul et touches de hip-hop, dans une production soignée mais à notre sens peu mémorable malgré une indéniable qualité vocale et la vibe à la Beyoncé qui s’en dégage.

Visuellement, la prestation s’ouvre sur des vitraux d’église baignés de lumière, accompagnés d’une intro à l’orgue. Alicja apparaît vêtue d’un corset noir aux transparences, associé à un pantalon noir si ample qu’il évoque une robe, sculptant son élégante silhouette.

La scénographie évolue ensuite vers des visuels argentés : des mots dont « Pray », mais aussi un masque, une bouche et des mains, comme figés dans une texture chrome coulant, gris métallisé sur fond noir.

L’absence de danseurs se fait ressentir et nous ne sommes pas captivés.

A la fin, une haute note a cappella, maîtrisée, suivie d’un échange avec le public qu’elle invite à chanter, renforçant la dimension collective du message.



Drapeau LU Luxembourg - Eva Marija


Cornald Maas le souligne : l’artiste qui entre en scène a des parents slovènes. Et même si la Slovénie ne participe pas à cette édition 2026, c’est bien le Luxembourg qu’elle représente : Eva Marija, avec Mother Nature.

Dès les premières notes, sa voix, à la fois puissante et aérienne, installe une atmosphère enchanteresse.

La scénographie s’ouvre sur une constellation scintillante, avant de basculer dans une forêt enchanteresse, baignée de lumières presque hallucinatoires. Eva Marija évolue dans cet univers avec grâce. Son violon, qu’elle fait vibrer avec intensité, évoque inévitablement l’énergie et le charisme d’Alexander Rybak.

Côté costume, elle arbore une longue tenue à l’esprit champêtre, faite de voiles écrus, accompagnée d’un pendentif, renforçant son aura presque mystique.

À un moment clé, elle s’adresse au public : « Amsterdam, we’ve got the energy in us », créant un lien direct et vibrant avec la salle, comme une invitation à communier avec cette ode à la nature.



Drapeau LT Lituanie - Lion Ceccah


Le Lituanien Lion Ceccah est présenté comme proche de la scène drag de sa ville natale.

Au centre de la scène, l’artiste apparaît dans une tenue noire structurée, aux larges épaulettes, qui souligne une silhouette affirmée. Sa tête, recouverte d’un maquillage argenté, capte immédiatement la lumière, tandis que son pantalon, clouté à l’entrejambe, ajoute une touche audacieuse à l’ensemble.

Le visuel reste minimaliste mais moderne : une forme blanche abstraite se dessine, jouant avec les contrastes et les effets lumineux. La première minute s’installe dans une lenteur presque a cappella, suspendue à sa voix lyrique, précise et habitée. Puis le morceau bascule : le refrain apporte un tempo plus dansant, transformant progressivement l’atmosphère.

Solo quiero más, malgré son titre en espagnol, est interprété en anglais. Fidèle à une mise en scène épurée, Lion Ceccah reste majoritairement immobile, esquissant seulement quelques pas de côté, comme pour mieux concentrer l’attention sur l’essentiel : la voix et l’intention.

À l’écran, les paroles s’affichent, renforçant la portée du message : « même si l’on vit dans un monde fou, même s’il n’y a plus de dieux à prier ». Une proposition artistique, stylée et maîtrisée, qui captive par sa sobriété autant que par son intensité.



Drapeau HR Croatie - Lelek


La Croatie propose avec Lelek une prestation scénique à l’atmosphère singulière, entre rituel ancien et esthétique télévisuelle d’aventure. Le décor évoque un temple hybride, à mi-chemin entre une solennité grégorienne et une ambiance presque Koh Lanta, éclairé par des bougies. La présence également de symboles aux accents celtiques renforce cette impression de mysticisme.

Sur scène, cinq chanteuses forment un ensemble homogène interprétant Andromeda. Leurs cheveux blonds, tressés en longues couettes, rappellent des traditions anciennes, loin des codes contemporains plus lisses (coucou Monroe). Le choix de robes gris-noir accentue cette identité visuelle sobre et intemporelle.

Vocalement, la prestation est irréprochable : puissance, justesse et harmonie séduiront sans peine les amateurs du genre. Si le registre mystique n’est pas inédit dans l’univers de l’Eurovision, le groupe parviendra néanmoins à imposer sa patte et à se démarquer par la cohérence de son tableau.

Un numéro maîtrisé, prêt pour la scène du concours, qui mise sur une ambiance envoûtante et une exécution solide.



Drapeau AZ Azerbaïdjan - Jiva


Jiva, révélée par sa victoire à The Voice of Azerbaïdjan et passée par le Festival de Montreux, s’impose comme une chanteuse à voix. Sur la scène d’Amsterdam, elle apparaît dans une longue robe en cuir bordeaux, rehaussée d’un empiècement en jean au niveau de la poitrine. Les épaules nues et la taille cintrée dessinent une silhouette élégante, à la fois moderne et affirmée.

Just Go s’inscrit dans la tradition des ballades classiques, laissant toute la place à l’interprétation.

En plus de la nappe de fumée au sol, le visuel, volontairement épuré, se contente d’accompagner le propos : des formes abstraites et des voiles blancs flottants, tandis que les mots "Forever" et "Never Die" apparaissent en filigrane.

Maîtrise vocale indéniable, mais une prestation élégante qui reste sans véritable éclat.



Drapeau RO Roumanie - Alexandra Capitanescu


Autre lauréate de The Voice dans son pays, la Roumanie mise sur la puissance avec Alexandra Căpitănescu, 22 ans, bien décidée à marquer les esprits. Choke me explore une émotion brute, entre tension et lutte intérieure, portée par une interprétation habitée.

Sur scène, entourée de son crew entièrement vêtu de noir, elle impose une présence affirmée. Sa voix impressionne : capable de passer du hard rock au lyrique (oh oh o ho ho) avec une aisance déconcertante, elle ponctue sa prestation de vocalises intenses. Nous aimons beaucoup !

Le moment se conclut par une envolée a cappella, reprise par le public, scellant une performance engagée et résolument tournée vers l’impact.



Drapeau BE Belgique - Essyla


La Belgique présente Essyla, finaliste de The Voice derrière Jérémie Makiese (Eurovision 2022), qui s’apprête à réaliser un rêve d’enfant : représenter son pays au concours Eurovision.

Avec Dancing on the Ice, elle propose une électropop efficace, soutenue par la projection du clip en fond visuel. À ses côtés, deux danseurs en blanc captent immédiatement l’attention par leur énergie et leur précision, contrastant avec une artiste plus statique, qui privilégie l’interprétation au mouvement.

Brune, marquée par une mèche de cheveux blancs distinctive, Essyla arbore une tenue noire aux reflets argentés, en accord avec l’univers du titre. Vocalement solide, elle livre une prestation maîtrisée, portée par son ambiance et son esthétique.



Drapeau DE Allemagne - Sarah Engels


Autre voisin des Pays-Bas, l’Allemagne - comme le souligne Cornald - mise sur une artiste expérimentée avec Sarah Engels, passée par Dancing on Ice, Masked Singer ou encore Moulin Rouge.

Sur scène, la chanteuse apparaît en pantalon blanc orné de strass, contrastant avec ses deux danseuses vêtues de noir. Silhouette affirmée, nombril nu et haut structuré, elle incarne une pop énergique et maîtrisée. Le visuel, dominé par des teintes rouges, est traversé de rayons de lumière blanche, et la scène voit éclater des jets d’étincelles spectaculaires.

Vocalement solide - là où l’on pouvait craindre une certaine fragilité sur un titre aussi dansant - Sarah assure également côté chorégraphie, prouvant qu’elle est une performeuse complète. Un numéro efficace et généreux, qui s’impose comme un véritable coup de cœur.



Drapeau NO Norvège - Jonas Lovv


Moins dans notre registre, mais tout aussi explosif, le rockeur norvégien Jonas Lovv fait irruption avec son percutant Ya Ya Ya. Débardeur blanc, moustache assumée et charisme évident, il capte d’emblée l’attention.

Dès les premières mesures, le riff de guitare, nerveux et accrocheur, donne le ton. Sur fond rouge, les "ya ya ya" et "bang bang bang" s’affichent en visuels stylisés, martelant l’énergie du titre. Jonas arpente la scène de gauche à droite, se rapproche du public, l’interpelle, l’entraîne.

Seul ce soir - il sera accompagné de ses musiciens à Vienne - il parvient pourtant à remplir l’espace sans difficulté. Un morceau taillé pour haranguer les foules, direct et efficace.



Drapeau LV Latvia - Atvara


La Lettonie propose un moment suspendu avec Atvara et son titre Ēnā. Fidèle à sa prestation de Stockholm le mois dernier, elle réapparaît dans la même robe, sublimée par une épaulette en strass argenté qui capte la lumière.

La scène se pare de faisceaux blancs et des lueurs de téléphones, tandis qu’une fumée légère enveloppe ses pieds. En fond, de délicats cristaux semblent flotter, accentuant une atmosphère tournée vers l’émotion. Son nom s’affiche en grand tout au long de la performance, comme une signature assumée.

Dotée d’une voix lyrique, haute et maîtrisée, Atvara impressionne par la pureté de son interprétation. Un instant de grâce porté par un véritable talent.

A la fin, la chanteuse de 28 ans invite même le public à la rejoindre sur des vocalises aériennes, ces « ooooh oh » suspendus. Thank you so much Amsterdam !



Drapeau GE Georgie - Bzikebi


À mi-parcours d’Eurovision in Concert 2026, retour à une pop accrocheuse avec la Géorgie et les Bzikebi. Vainqueurs du Junior Eurovision 2008, le trio - Giorgi, Mariam et Mariam - revient avec On Replay, un titre calibré pour marquer les esprits.

Sur scène, ils arborent des combinaisons noires en cuir façon motard, rehaussées de manches blanches ornées d’étoiles rouges, et complétées par des lunettes de soleil. La chorégraphie, précise et rythmée, s’appuie sur un gimmick efficace qui structure la performance.

Le visuel, graphique et presque hypnotique, accompagne un morceau répétitif et entêtant.

Le public se laisse entraîner et reprend en chœur le « la-lala-la, la-la-lala » qui s’impose comme un refrain imparable.



Drapeau AL Shkodra Elektronike (Albanie - ESC 2025)





Drapeau NO Kyle Alessandro (Norvège - ESC 2025)





Drapeau RS Serbie - Lavina


Avec Kraj mene, Lavina installe d’emblée une atmosphère sombre et tendue. Seul, recroquevillé dans l’obscurité, silhouette presque difforme dans un costume noir, Luka le chanteur avance lentement jusqu’au centre de la scène. La fumée envahit l’espace, puis quatre musiciens le rejoignent, dont trois guitaristes, tous vêtus de tenues cloutées au style affirmé.

Le morceau, ancré dans un hard rock assumé, surprend par son tempo plutôt lent, laissant monter progressivement la tension. Ce n’est que dans la seconde partie que l’intensité explose, portée par des hurlements puissants, tandis que les lumières basculent au rouge.

Ici, aucun compromis : le groupe ne cherche pas à adoucir son identité pour la rendre plus pop, ni à traduire son texte en anglais. L’un des guitaristes vient renforcer le chant sur la fin, ajoutant de la densité à une performance brute et cohérente.



Drapeau AT Autriche - Cosmo


L’Autriche, pays hôte de cette édition, ouvre sa prestation avec une introduction vidéo en noir et blanc d’environ une minute trente. Sur fond de message universel - « When we love, we respect, we can dance together » - l’ambiance pose immédiatement les bases d’un titre fédérateur. Cosmo apparaît dans cette séquence vidéo pour enseigner la chorégraphie de Tanzschein, installant le concept dès l’ouverture.

Sur scène, le visuel reste dans cette continuité presque psychédélique avec les lumières additionnelles.

Vêtu d’une veste en fausse fourrure marquée dans le dos par une grande étoile verte, et un motif dessiné autour de l’œil, il impose une identité visuelle forte. À ses côtés, un guitariste l’accompagne, tandis que des personnages apparaissent en vidéo, suggérant un univers plus large, probablement enrichi de danseurs lors de la prestation à Vienne.

Micro casque en place, Cosmo navigue entre chant et spoken word avec énergie. Le décor alterne entre plantes estivales luxuriantes, effets psychédéliques et silhouettes de gorilles en arrière-plan, renforçant l’aspect visuel foisonnant.

En cours de performance, il retire sa veste pour révéler un débardeur noir orné de chaînes métalliques, accentuant une montée en intensité. Le tout reste dynamique, porté par une énergie constante sur scène.

La performance se clôt sur l’apparition de son nom stylisé en logo, bien que l’artiste soit en réalité Benjamin Gedeon.

Une proposition musicale loin d’égaler celle de JJ l’an passé.



Drapeau DK Danemark - Soren Torpegaard Lund


Pour le Danemark, Søren Torpegaard Lund propose une prestation habitée, centrée sur l’énergie du moment.

Vêtu d’une veste en cuir bleu clair sur un t-shirt blanc, associée à un pantalon orange lui aussi en cuir, il impose d’emblée une silhouette audacieuse. Sur Før vi går hjem, chanson dédiée à une passion éphémère mais brûlante, il délivre une interprétation tendue et engagée. Il est appuyé par des chœurs enregistrés. Son refrain est accrocheur malgré la langue.

La mise en scène est minimaliste et laisse toute la place à sa présence. Seul sur scène - contrairement à sa performance lors de la sélection nationale et à celle envisagée pour Concours Eurovision de la Chanson 2026 - il capte l’attention par une énergie constante.

Au fil du morceau, il tombe la veste, pour apparaître en simple t-shirt blanc révélant des manches pailletées. L’émotion contenue finit par briller, juste avant que tout ne s’éteigne - avant de rentrer à la maison (traduction française du titre).



Drapeau AL Albanie - Alis


Sur la scène musicale balkanique, l’Albanie s’impose avec intensité grâce au chanteur Alis. D’abord perdu dans la fumée, il apparaît et peu à peu et une lumière rouge tombe du haut de la scène pour la seconde partie du tableau.

Vêtu entièrement de blanc, Alis porte une tenue longue et fluide, prolongée par des extensions de tissu aux poignets. Ses lunettes de soleil ajoutent une distance mystérieuse.

L’artiste chante l’amour maternel inconditionnel à travers le titre "Nân". La voix s’élève - puissante et chargée d’émotion. Une voix albanaise intense, portée par des chœurs enregistrés qui en amplifient la dimension presque sacrée.

En guise de final, Alis implique ensuite le public qui reprend le refrain a cappella, et l’albanais lance un pendentif métallique dans la foule, scellant une prestation intense.



Drapeau IT Italie - Sal Da Vinci


L’Italie met à l’honneur Sal Da Vinci avec “Per sempre sì”, dans une prestation à l’esthétique singulière. L’artiste chante en direct, seul au pied du micro, costume et cravate impeccables, tandis que le clip du titre est diffusé en intégralité en arrière-plan.

Né à New York mais profondément ancré dans la culture napolitaine, il incarne une facette très populaire de la chanson italienne. Le morceau, résolument dansant, flirte avec une variété assumée - un peu kitsch pour certains, mais largement appréciée pour son efficacité.

On pourrait regretter l’absence de danseurs ce soir pour accompagner cette énergie, mais l’essentiel est dans le lien avec le public. Le refrain est repris en chœur par les fans, et la salle de l’AFAS Live lui réserve un accueil chaleureux, porté par une vraie complicité.



Drapeau AM Arménie - Simon


L’Arménie déboule sur scène avec Simon (Hovhannisyan) et livre une performance à cent à l’heure. Dès les premières mesures de “Paloma Rumba”, coécrit avec Rosa Linn (sans comparaison avec son Snap de 2022 !), l’artiste surgit, devant ses trois danseurs, et investit immédiatement l’espace.

Le visuel est marqué par un ensemble de post-it formant son nom, avant de s’embraser en plein milieu du morceau, renforçant l’énergie chaotique et maîtrisée du tableau.

Le titre enchaîne les phrases accrocheuses - s’affichent sur écrans « Delete my number, burn the phone / You ole ole ole fa » - dans une frénésie pop irrésistible. Paloma Rumba let’s go !

Cheveux mi-longs gominés, pantalon rouge et petit gilet militaire noir laissant deviner une silhouette sculptée, Simon impose un style singulier, presque déjanté.

L’artiste entraîne tout le monde dans son sillage jusqu’à un final explosif, qu’il prolonge en rejoignant le public, comme pour ne jamais faire retomber la pression.



Drapeau CZ Tchéquie - Daniel Zizka


Retour à la douceur avec la proposition tchèque portée par Daniel Zizka. À 23 ans, le brun au visage juvénile apparaît vêtu de noir, dans une veste de créateur à la coupe audacieuse et classe à la fois.

Avec “Crossroads”, il installe une atmosphère intime qui touche immédiatement le public : dans l’AFAS Live, les lumières des téléphones s’allument, comme suspendues dans le silence. Sa voix, délicate et aérienne, semble flotter avant de s’élever progressivement vers des aigus de plus en plus intenses.

En fond, un visuel de verre fissuré finit par voler en éclats, accompagnant la montée émotionnelle du morceau, dont le rythme s’emballe dans les dernières secondes.

L’artiste demande à immortaliser l’instant où il se tient face à son public.



Drapeau SE Suède - Felicia


La Suède entre en scène avec Felicia, artiste marquée par un parcours personnel traversé par l’anxiété sociale. Elle interprète My System, un titre electro pop aux accents EDM, à la fois intime et énergique.

L’artiste apparaît dans la même tenue noire et rouge que lors du Melodifestivalen le mois dernier, fidèle à son identité visuelle. La performance est donnée dans une lumière rouge intense, bien moins de lasers qu’à Stockholm toutefois.

Autour d’elle, deux danseurs seulement - contre six lors de sa qualification suédoise, et probablement quatre à Vienne - resserrent la mise en scène. Lamin Holmén, à la carrure en V, connu aussi comme le compagnon de Zara Larsson, et Nik Alexander l’accompagnent avec précision. Felicia prend d’ailleurs le temps de les remercier, soulignant leur rôle dans cette version plus « intime ».

Les visuels reprennent ceux de Stockholm, assurant une continuité esthétique, mais certains éléments évoluent : elle conserve ici le masque sur la bouche tout au long de la prestation, sans le jeu de bascule avec un masque sur les yeux vu en Suède.

Le résultat est une performance plus contenue, mais toujours habitée et qui ravit les fans d’EDM.



Drapeau FR France - Monroe


Notre attention se tend immédiatement à l’annonce de la France. Présentée par Krista comme "powerful & dramatic", Monroe entre en scène avec une assurance magnétique.

Quatre jeunes danseurs/ses, en débardeurs et shorts noirs, gravitent autour d’elle, formant un bloc parfois compact. Monroe porte une robe ample, drapée de tulle rouge, surmontée d’un blouson de cuir. Ses tresses blondes encadrent le visage, et dessinent une silhouette à la fois affirmée et juvénile.

C’est sa première prestation scénique en public et accompagnée de danseurs - un choix rare pour la France dans ce concours, qui nous laisse présager d’une mise en scène plus ambitieuse à Vienne.

Le visuel se veut blanc, graphique, minimaliste : un écrin épuré qui tranche avec l’intensité de la performance. Le rythme oscille entre classicisme et accélérations maîtrisées, dans une édition 2026 marquée par une forte présence de registres lyriques et de violons, dans la lignée d’artistes comme JJ, Nemo ou Rosalía.

Sa voix lyrique impressionne par sa puissance et sa précision, occupant l’espace avec autorité. Puis, sur la note finale, le temps semble suspendu : son nom et le titre de la chanson apparaissent en fond de scène, comme une signature nette.



Drapeau ME Monténégro - Tamara Zivkovik





Drapeau NL Lenny Kuhr (Pays-Bas - ESC 1969)





Drapeau AU Australie - Delta Goodrem


Sur scène, l’Australie est portée par Delta Goodrem, figure parmi les plus expérimentées de cette édition aux côtés de l’Italie. Drapée dans une longue robe dorée, elle impose d’emblée une présence élégante et maîtrisée. Face au public, elle entame un passage a cappella, créant un moment suspendu où sa voix seule capte toute l’attention.

Dès les premières notes de la bande-son, un désert baigné sous des nuages vient habiller la scène et installer l’atmosphère. Le visuel est dominé par un cercle central évoquant une éclipse.

Dans la salle, les lumières des smartphones scintillent, renforçant l’émotion du tableau. Au centre, solidement ancrée derrière son pied de micro, l’artiste incarne la classe d’une chanteuse à voix, mêlant puissance et sensibilité sur un titre pop aux sonorités dance, ponctué de belles envolées.

Le tempo, porté par des notes aux accents classiques, évolue lorsqu’elle s’installe brièvement au piano pour une vingtaine de secondes, insufflant une parenthèse intime à la performance. Puis, elle revient au centre de la scène pour aborder la dernière partie du morceau, où les envolées vocales se déploient tandis que le rythme s’intensifie.

La diva remercie le public en repartant en toute simplicité ses chaussures à talons à la main.

Une prestation sobre mais marquante, qui laisse entrevoir un potentiel visuel encore plus abouti pour Vienne - possiblement enrichi de danseurs et de choristes - et surtout portée par une promesse essentielle : celle d’une voix au sommet.



Drapeau GR Grèce - Akylas


Sur scène, le grec Akylas nous invite à jouer et impose immédiatement son univers. Coiffé de son bonnet noir orné de petites oreilles animales, le chanteur installe une esthétique à mi-chemin entre créature nocturne et icône club. Le visuel plonge le spectateur dans un univers de jeu : son visage s’y démultiplie, comme dans un casino ou un jeu vidéo à l’ancienne, renforçant cette impression de réalité fragmentée et ludique.

Il apparaît seul ce soir, sans danseurs, mais cela ne freine en rien l’intensité de sa présence. Vêtu d’un ensemble en jacquard à quadrillage noir et blanc, il capte la lumière et structure l’espace par ses mouvements. Son titre Ferto, très apprécié des fans pour son énergie brute - bien que volontairement répétitive - devient ici un véritable terrain d’expression.

Akylas se déhanche, libère son corps, déploie une énergie queer, libre et assumée, qui traverse toute la performance. Les écrans affichent « Ferto Mas Akyla Ferto », comme un mantra visuel et sonore, pendant qu’une pluie de confettis vient amplifier le caractère festif et immersif du moment.

Au cœur de cette montée en puissance, une séquence plus émotionnelle, entièrement en grec, apporte une respiration inattendue. Elle donne une profondeur nouvelle à un morceau qui pourrait autrement sembler épuisant, en y injectant une forme d’intimité.

Enfin, les sonorités eclectro reviennent et le visuel d’un billet de 50 euros à son effigie illustre cette proposition scénique singulière : un mélange de jeu, d’identité et de performance, où Akylas transforme la scène en terrain d’expression total.



Drapeau FI Finlande - Linda Lampenius & Pete Parkkonenn


Dernier pays à venir présenter sa chanson ce soir, la Finlande entre en scène avec une attente palpable. « According to the bookies… they will win! » : la rumeur enfle, portée par l’enthousiasme ambiant.

C’est Krista Siegfrids qui a la joie d’annoncer les artistes venus de son home country. Sous les applaudissements, Linda Lampenius et Pete Parkkonen font leur entrée. Le duo tant attendu interprète « Liekinheitin ».

Le timbre de voix du chanteur, sensuel, porté par sa présence en débardeur noir laissant apparaître ses tatouages, capte immédiatement l’attention. À ses côtés - et non reléguée en arrière-plan - la violoniste blonde s’impose sur le devant de la scène, dans un dialogue musical intense et équilibré.

En fond, un visuel de rocheuses américaines embrasées par un soleil rougeoyant installe une atmosphère brûlante. Puis, comme un point d’orgue, des jets d’étincelles viennent embraser la scène, scellant une performance puissante.

 Finlande - Linda Lampenius & Pete Parkkonenn



Finale


Tradition oblige, l’ensemble des artistes revient sur scène pour saluer le public. Tous alignés, ils sautillent en rythme, entre éclats de rire et selfies improvisés : un véritable moment de communion pour cette belle promotion 2026. Les accolades sont généreuses, les drapeaux s’agitent fièrement, et chacun adresse un dernier coucou à la salle encore vibrante.

Sur scène, les instants se croisent et se répondent : le twerk espiègle de la Suédoise Felicia avec le Danois Soren, la proximité presque maternelle de l’Australienne Delta Goodrem envers la Française Monroe - sans doute facilitée par leur communication en anglais. Une mosaïque de complicités spontanées qui prolonge la magie du spectacle.

Puis, comme une promesse suspendue dans l’air, l’écran de l’AFAS Live affiche en grand : « See you next year! ». La date du 3 avril 2027 apparaît. Le rendez-vous est pris : retour à Amsterdam pour Eurovision in Concert.



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Publié le 17/04/2026

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