Notre article "DoxyPEP : une révolution contre les IST… mais à quel prix ? (Santé)

DoxyPEP : une révolution contre les IST… mais à quel prix ?

DoxyPEP : une révolution contre les IST… mais à quel prix ?
Présentée comme une avancée majeure dans la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), la DoxyPEP séduit de plus en plus d’hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Le principe est simple : prendre une dose de doxycycline dans les 72 heures suivant un rapport sexuel afin de réduire le risque de contracter certaines IST bactériennes, notamment la syphilis et la chlamydia.

Les résultats observés jusqu’à présent sont encourageants. Plusieurs études ont confirmé une baisse importante des infections à chlamydia et de la syphilis chez les utilisateurs réguliers de cette stratégie préventive. (PubMed)

Mais derrière ces bénéfices se cache une inquiétude grandissante : le développement de bactéries de plus en plus résistantes aux antibiotiques.

Des travaux menés en France dans le cadre de l’essai DOXYVAC ont mis en évidence un phénomène préoccupant concernant la gonorrhée, aussi appelée « chaude-pisse ». Les chercheurs ont observé que les souches de gonocoque circulant chez les participants présentaient déjà un niveau élevé de résistance aux antibiotiques de la famille des tétracyclines, dont fait partie la doxycycline. (PubMed)

Plus alarmant encore, l’utilisation de la DoxyPEP semble favoriser la sélection des bactéries les plus résistantes. Dans l’étude, les personnes utilisant cette prévention présentaient beaucoup plus fréquemment des souches hautement résistantes que celles n’ayant pas recours au traitement. Certaines analyses ont montré des taux de résistance élevée dépassant 35 % chez les utilisateurs, contre environ 10 % chez les non-utilisateurs. (aidsmap.com)

Ce constat n’est pas isolé. À l’échelle européenne, plus de 60 % des souches de gonocoque analysées en 2024 étaient déjà résistantes aux tétracyclines, avec des variations importantes selon les pays. (PMC)

Les spécialistes ne remettent pas en cause l’intérêt de la DoxyPEP pour les personnes les plus exposées aux IST. Cependant, ils appellent à une utilisation ciblée et à une surveillance renforcée de l’antibiorésistance. L’objectif est d’éviter que cet outil de prévention, aujourd’hui efficace contre certaines infections, ne contribue demain à l’émergence de bactéries beaucoup plus difficiles à traiter. (cidrap.umn.edu)

La DoxyPEP reste donc une option prometteuse, mais son développement devra s’accompagner d’un suivi scientifique rigoureux afin de préserver l’efficacité des antibiotiques sur le long terme.
Publié le 28/05/2026

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