U2 à l'AccorHotels Arena (Paris - 2015)

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U2 à l'AccorHotels Arena (Paris - 2015)
Notre premier concert à Bercy, dans sa version reliftée, est Innocence + Experience Tour de U2 le 11 novembre 2015. Le POPB, qu’il convient désormais d’appeler l’AccorHotels Arena (bof!) suite à son naming, comporte désormais jusqu’à 20 300 places assises en configuration concert, contre 17 000 précédemment.

TF1 prépare un prime évènementiel "Bercy fête ses 30 ans" pour le 4 décembre 2015, avec notamment Johnny Hallyday, M Pokora, Mika, et Kendji Girac.

Après le BNP Parisbas Master la semaine précédente, le groupe U2 est le premier à investir la salle en configuration concert, la veille du 11 novembre 2015. Les irlandais faisaient leur grand retour dans l’enceinte, après l’Elevation Tour en juillet 2001. Le lieu, ils le connaissent bien puisqu’ils y ont joué en 1985, 1989, 1992 et donc en 2001. Ensuite, U2 a préféré le Stade de France pour le Vertigo Tour en 2005 et le 360° Tour en 2009 et 2010. Ils retrouvent donc Bercy pour 4 dates (10, 11, 14 et 15/11) dans le cadre de l’Innocence + Experience Tour.

Nous ne sommes pas de grands habitués des concerts pop-rock, nous avons cependant vu Lenny Kravitz, Depeche Mode, Elton John, Prince et les Cranberries, mais nous voulions voir ce groupe mythique sur scène. Nous ne l’aurions pas fait au Stade de France mais à l’AccorHotels Arena, cela a, de suite, été envisageable.
Arrivés vers 18h20 devant le "nouveau temple du sport et du spectacle", nous prenons place dans la longue file d’attente qui s’étire dans les allées du parc de Bercy ; quelques travaux étant en cours de finalisation à l’extérieur.

L’équipe de sécurité nous remet un bracelet North ou South side. Ceux-ci vont aider à la répartition du public dans la salle, divisée en deux par un très long catwalk. Nous nous positionnons à l’extrémité de celui-ci. Un gros bloc écran est suspendu sur toute la longueur, au centre de Bercy. Nous ne verrons pas les vidéos sur écran, tant pis.

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Certains spectateurs sont positionnés derrière la scène, puisqu’il n’y a pas de fond derrière le groupe, ce qui est rarement le cas à Bercy, mais cela arrive lorsque les artistes font le choix d’une scène centrale (Céline Dion, par exemple).

20h10. Il n’y aura pas de première-partie ce soir. La lumière se tamise sur les spectateurs qui écoutent plusieurs Nirvana et d’autres morceaux pop-rock, alors que la sécurité commence à s’animer en prévoyant l’espace où va se faire l’entrée.

20h35. Le public participe activement à l’écoute de Patti Smith, chanteuse qui est montée avec eux sur scène à Londres il y a une dizaine de jours. Nous découvrons son "People have the power" ; un joli titre rock !

20h40. Seul, Bono fait son entrée par un couloir délimité dans le public. Le leader charismatique, et un brin mégalo, prend un bain de foule avant de monter sur la scène, empruntant l’extrémité du catwalk où nous sommes situés (South Side, côté des loges/VIP).

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Lunettes de soleil recouvrant ses yeux, Bono les gardera pendant tout le concert. Cette personnalité ambiguë agace certains pour son engagement politique et humanitaire, ainsi que sa présence continue au près des plus grands de la planète, alors qu’il est l’une des popstars les plus riches du monde avec Paul McCartney et Madonna.

Le show démarre avec The miracle (of Joey Ramone) premier single du dernier album "Songs of innocence". Le public parisien chante les "ooh ooh" alors que Bono rejoint les autres membres du groupe sur la scène principale, située à l’autre extrémité du catwalk.

Le groupe de rock irlandais, formé à Dublin en 1976, poursuit avec un second titre, The electric Co., morceau de 1980 qui vient s’ajouter à la setlist d’hier. Bono boit une gorgée d’eau et balance le reste de la bouteille sur les spectateurs en fosse ; ceux ayant passé la nuit devant l’entrée apprécieront… ou pas !

Sur l’intro du troisième titre, Bono présente les trois autres membres du groupe ; notons qu’il n’y a pas de musicien additionnel. Ce titre est d’ailleurs un tube, puisqu’il s’agit de Vertigo. Le chanteur nous fait compter en espagnol sur l’intro avant de balancer la corde avec, à son extrémité, une boule de lumière. L’éclairage est d’ailleurs tout simple pour cette première partie du show.

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Un rif de guitare résonne dans Bercy. Il s’agit de celui de l’énergique I will follow paru sur l’album "Boy" en 1980 ; toujours aussi excellent avec ses "Walk away" que les fans répètent en boucle. Après l’accalmie dans le morceau, tout le public a les bras en l’air pour la reprise.

Les rockeurs sont toujours sur la scène principale et n’ont pas encore emprunté le catwalk à ce stade.

"Bonsoir Paris ! Comment ça va ?" nous demande Bono avant de nous préciser son plaisir d’être "dans cette salle avec ces trois hommes incroyables… Si ça ne vous gêne pas, je continue en anglais !" s’excuse-t-il, visiblement heureux d’être de retour "in the city of lights".

Bono rappelle qu’il a perdu sa mère lorsqu’il avait 14 ans, et lui dédie la chanson Iris (Hold me close) ; U2 revenant ici à son dernier album. L’écran projette les images d’un mariage, puis celles du live par la suite. Bono répète Paris ! Paris ! sur ce titre comme pour s’il demandait à ce qu’on le soutienne. À la fin, le bloc d’écran descend sur le catwalk. Un escalier s’en extirpe, puis Bono l’emprunte pour entrer dans la cage vidéo.

Cedarwood road est bien mis en images avec cette animation diffusée de chaque côté du mur-écran qui couvre la salle dans le sens de la longueur. Le public voit défiler la rue, dans laquelle Bono a été élevé à Dublin, et, en même temps, la star qui parcours celle-ci depuis l’intérieur de la structure géante. The Edge, lui, joue de la guitare en s’avançant dessous le long écran.

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Le quatuor mené par son dynamique quinquagénaire enchaîne avec Song for someone. C’est le troisième titre consécutif du dernier album, le quatrième en comptant celui d’ouverture. Ils en ajouteront deux autres ensuite. Le visuel nous plonge désormais à l’intérieur d’une maison.

U2 propose ensuite Sunday bloody sunday dans une nouvelle version ralentie, avec Larry Mullen Jr. et son tambour. Bono vient juste devant nous en entonnant cette (intéressante) version de leur tube de 1983. L’écran affiche le message "remember the victims" sur les murs des maisons nord-irlandaises, car ce titre évoque le conflit meurtrier entre catholiques et protestants en Irlande du Nord.

Le groupe est au complet sur le catwalk tandis que c’est la confusion sonore, avec différents bruits, dont celui d’une arme à feu. Sur le prenant Raised by wolves, Bono et The Edge se font face, au milieu du catwalk, sous l’écran. Bono déchire les feuilles d’un livre, les jette à la foule pendant ce titre électrisant… que nous allons écouter à nouveau en rentrant à la maison !

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Le groupe passe à Until the end of the world qui commence avec un message : "Justice for the forgotten". A l’intérieur de la cage de leds, The Edge fait des merveilles à nos oreilles avec sa guitare, tandis que les écrans diffusent l’image live de Bono qui envoie avec sa bouche, à distance, un filet d’eau sur The Edge. Dans le reste de la vidéo, les vagues emportent tout sur leur passage avant que le tableau s’achève avec des inscriptions tagguées sur le mur de Berlin.

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Pendant que les techniciens installent les instruments dans la cage vidéo, les écrans de celle-ci projettent les inscriptions jaunes animées avec des mots en français, sur la version enregistrée du remix du titre The fly : Everything you know is wrong, Talk to strangers, Utilisez un préservatif, Vous avez le droit de garder le silence, Taste is the enemy of art, Believe everything, Be’LIE’ve, C’est votre monde vous pouvez le changer, Tomorrow belongs to me, Call your mother, Evolution is over, Silence=Death…

Le célèbre "baiser fraternel" entre Brejnev et Honecker du street artist russe Dmitri Vrubel, apparaît encore sur le titre suivant, Invisible, mais certaines parties du mur de graffitis sont gommées ; nous voyons ainsi chaque membre du quatuor jouer dans le mur vidéo. Cette chanson a été mise en vente pour l’association "Product Red" (contre le Sida, la tuberculose et le paludisme), et est un titre caché figurant sur la version deluxe de leur album sorti l’an dernier.

Les bâches jaunes, qui assuraient la continuité de la vidéo du mur taggué, sont retirées avant la fin du morceau. U2 passe maintenant à Even better than the real thing pour une autre séquence très visuelle. L’écran diffuse en effet les images colorées façon pub Apple et Pop art. Bono cite à nouveau ses fidèles compères sur le final.

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Le groupe est maintenant au complet devant nous. Bono, The Edge, Adam Clayton et Larry Mullen, Jr. jouent à l’extrémité du catwalk, sorte de piste d’atterrissage pour hélicoptère. Bono fait monter une fan (italienne !) et danse avec elle sur Mysterious ways, autre grand tube dans la carrière du groupe. Les lumières colorées contrastent avec les précédents éclairages. Il y a même des boules à facettes derrière eux. Nous aurions vraiment apprécié qu’ils jouent leur titre Discothèque pendant ce spectacle, ce moment-là aurait été parfait.

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Elevation est jouée pour la séquence Meerkat, une application de type Periscope qui fait du streaming live en direct sur Internet. Comme les internautes, dont certains apparaissent aussi en tchat, les spectateurs peuvent aussi voir, sur l’écran géant, les images filmées par la fan à partir du compte de U2.

Bono enlace la fan italienne, qui fait ensuite un selfie avec The Edge, puis avec les deux autres membres du groupe.

Bono s’installe derrière le piano droit. Le leader ne joue plus de guitare suite à sa chute de vélo dans Central Park il y a quelques mois. Nous avons droit à une version unplugged de Sweetest thing, qui n’a pas été jouée la veille.

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La session intimiste se poursuit avec un piano-voix, sur Every breaking wave, que Bono interprète en face de The Edge, qui a exceptionnellement posé sa guitare pour s’installer au piano. Bono a toujours la voix très claire, et notamment sur cette ballade.

Sur le petit écran disposé devant nous sur le catwalk, nous visionnons des images d’un drone qui survole des immeubles syriens détruits par les bombes. Il s’agit d’October, un morceau dépouillé au piano.

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Le rythme s’accélère sérieusement ensuite pour Bullet the blue sky. Le leader de U2 saisit son mégaphone bleu avec des étoiles jaunes à l’intérieur. Dans la lumière rouge, Bono rejoint la scène principale avec sa démarche bien à lui.

Il entonne l’hymne européen dans son mégaphone, alors que l’écran projette un montage entre le drapeau aux étoiles jaunes, et bleu comme la mer ; méditerranée bien sûr en référence à l’actualité. Très engagé, l’irlandais prononce une sorte de discours sur la musique. Le public frappe des mains en rythme sur ce morceau rock.

Cette longue séquence, enragée, se poursuit sur Zooropa. Les guitares sont ici encore saturées. Les écrans nous montrent des images live, des gros plans de guitare notamment, puis une série de CRS alignés.

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Les irlandais poursuivent avec une séquence plus lumineuse. La foule est électrisée sur Where the streets have no name et ses lumières (rouges) incandescentes.

Le public est en folie sur le tube Pride (In the name of love). Bercy AccorHotels Arena est plus lumineuse sur ce titre. Bono parle des "peace makers" sur la fin, avant de reprendre un autre classique, puisque la formation rock continue de revisiter ses hymnes, comme leur ballade With or without you. La mise en scène est superbe avec tous ces néons blancs verticaux disposés tout autour du catwalk et au-dessus de la scène.

Très applaudi, le quatuor accoudé, un drapeau irlandais à la main, salue son public de chaque côté.

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La dernière partie du concert, appelée communément les rappels (Encore), commence, après quelques instants dans le noir, avec une voix off synthétique lisant un texte de Stephen Hawking (Together to the future…). Le visuel de City of blinding lights intègre désormais des images de Paris. La veille, les U2 ont été faits Citoyens d’honneurs de la ville de Paris par Anne Hidalgo, qui était d’ailleurs présente à leur show le jour même.

Parmi les néons blancs, Bono fait venir un fan à ses côtés sur le catwalk. La star fait porter ses lunettes au jeune homme qui repartira plus tard avec, la veste de son idole également, en empruntant la longue plateforme.

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Bono porte donc une autre veste et de nouvelles lunettes de soleil sur Beautiful day, le tube qu’ils jouent ensuite.

"Thank U !" Il remercie aussi son crew pour le beautiful design (que l’on aura finalement peu vu) de cette tournée. Le leader de U2 a ensuite un message pour ceux qui vivent avec le Sida et précise qu’avant il avait systématiquement la mort, et que "désormais les choses ont changé grâce à la France, les Etats-Unis et certains d’entre nous…" Il précise également que c’est un "droit humain universel d’avoir accès aux traitements".

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La douceur revient sur l’intro de One, chanson sortie en 1992 et réenregistrée en 2006 en duo avec Mary J Blige. Soudain, un spectateur surgit brusquement du public sur la scène. Après que la sécurité l’ai poussé violemment pour le maîtriser, Bono descend finalement chercher l’homme pour le faire revenir sur scène. Ensemble, ils s’asseyent aux pieds de la batterie durant le morceau, puis, Bobo le raccompagne à la fin jusqu’à la fosse.

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"Good night" nous dit-il. Il est près de 23 heures. Ainsi se terminent ces 140 minutes de concert pop-rock.Ce show était très tourné vers les caméras puisque HBO devait, le 14 novembre, le "Spécial U2 : iNNOCENCE + eXPERIENCE Live in Paris". Suite aux attentats ayant survenus sur Paris, les concerts du week-end ont été annulés ainsi que la retransmission. Le groupe s'est rendu devant la salle de concert Le Bataclan, théâtre de la tuerie.

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Bono a dédicacé ce concert à Johnny Hallyday, qui est présent ce soir avec Laeticia Hallyday et Thomas Dutronc. Il y avait aussi Patrick Bruel et le ministre de l’Économie et des Finances, Emmanuel Macron.

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La setlist contenait la majorité des tubes, mais leur collection de singles est telle qu’il a manqué quelques-unes des chansons de U2 que nous aimons bien (mais qui ne sont pas leurs plus grands tubes) : "Discothèque", "Staring at the sun", "Desire", "I still haven't found what I'm looking for", "Hold me, thrill me, kiss me, kill me"...

Nous retrouverons l’AccorHotels Arena le 9 décembre 2015 pour voir Madonna, le 4 février 2016 pour Johnny Hallyday et le 10 avril 2016 pour le concert de Janet Jackson.

Site officiel de U2




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