Mylène Farmer à Bercy (Septembre - 2013)

  • 09/09/2013

Retour à Bercy pour Mylène Farmer qui n’avait pas chanté dans cette grande salle depuis 2006. A cette époque, nous l’avions vu avec son spectacle "Avant que l'ombre..." qu’elle n’avait donné qu’à Paris. Trois ans plus tard, la star a par contre offert à son fidèle public une tournée française (Tour 2009), avant de faire deux dates au Stade de France. Puisqu’elle n’a pas proposé de spectacle pour l’album "Bleu noir", nous avons décidé d’aller voir son Timeless 2013 à Bercy.

A quelques jours de ce nouveau spectacle rien n’a filtré. En ce 8 septembre 2013, nous allons donc découvrir par nous-même quels nouveaux mystères Mylène nous a réservés. Les médias ont seulement parlé du campement des fans devant Bercy (un mois avant pour quelques uns d’entre eux, plusieurs jours pour d’autres) et de la fermeture d’un site internet de fans (la rousse ne disposant pas de site officiel et la page officielle d’Universal Music n’étant pas actualisée).

Nous assistons à la deuxième représentation sur les 10 qu’elle donne à Bercy cette année avant d’enchaîner par une tournée qui commencera à Lyon le 24 septembre pour s’achever à Nice le 6 décembre, non sans être passée hors de nos frontières. Mylène Farmer rencontrera son public à Genève (les 18 et 19/10), Minsk (27/10), Moscou (1/11 devant 30 000 personnes), Saint-Petersbourg (4/11 devant 25 000) et Bruxelles pour 3 dates du 13 au 16 novembre. Cela fera 39 dates et plus de 400 000 personnes auront vu ce Timeless 2013.




Mylène Farmer aura bien réussi son retour sur scène en proposant un spectacle plus lumineux que par le passé. Celui-ci est plus futuriste, moins étrange et nous n'y avons vu aucun corbeau, aucune croix, aucun symbole lié à la mort. Le thème était futuriste, sans même faire référence à l’apocalypse, abordée par plusieurs shows américains. C’était surtout la première fois que nous voyions des robots dans un spectacle de ce genre. La chanteuse rousse aura réussi à se démarquer sur ces points par rapport aux tournées des divas américaines.

La setlist est composée des plus grands tubes de Mylène, d’une part raisonnable de Monkey me avec 5 morceaux, et 4 de son précédent album studio, Bleu noir. En plus des deux couplets de "Maman à tort", Mylène nous a fait la surprise du duo avec Moby, "Crier la vie".

Mylène aura cependant fait l’impasse sur ses tubes "Ainsi-soit je...", "Pourvu qu'elles soient douces" et "Libertine", le plus récent "Lonely Lisa", et même "Du temps" extrait de son dernier Best of. Nous aurions préféré ces trois derniers morceaux aux ballades "Inséparables" et "Et pourtant", ainsi que "Diabolique mon ange".

La star a justement voulu ne pas se répéter en faisant l’impasse sur l’album "Point de suture" et ses hits "Appelle mon numéro", "Sextonik" et "C'est dans l'air", déjà interprétés dans la tournée précédente. S’il y avait eu plus de place, la rousse aurait pu y glisser "California", "L’instant X" et "Dégénération".

Le final sur "Rêver" n'était pas des plus original mais nous gardons le souvenir d'un bon moment.

Quant aux tenues (Jean Paul Gaultier) et au décor (du défunt Mark Fisher), ils étaient aussi plutôt bien réussis. L'artiste avait déjà travaillé avec eux par le passé.





18h10. Il y a déjà du monde qui attend depuis longtemps lorsque nous arrivons. Deux files d’attente sont constituées, dont celle que nous rejoignons pour assister au spectacle en fosse or. Les toiles de tente Queshua sont nombreuses.

18h30. Les premiers fans entrent par l’entrée de la patinoire Sonja-Henie. Trois quarts d’heure plus tard, nous franchissons à notre tour cette porte, puis empruntons les couloirs de Bercy, ce qui est très rare dans cette salle à l’accès direct habituellement. 3 minutes de marche parmi les couloirs à briques rouges et nous nous plaçons face à la scène où nous patientons avant d’assister au show.

Les chansons de Christina Aguilera, Shy’M, Rihanna, Britney Spears et Depeche Mode égayent cette attente. Il y a même du Kuduro et la reprise de "Maldon", sans oublier les chansons de Bruno Mars à 3 reprises.

Caroline Loeb est installée en carré VIP, qui comportait aussi l'écrivain Nathalie Rheims, Laurent Artufel, et la chanteuse Isabelle Boulay. Julien Doré et Roberto Alagna aurait été aperçus. Pour la première, il y avait Jean Paul Gaultier, Nathalie Rheims, le compagnon de Mylène, Benoît di Sabatino, Kamel Ouali, Mika, Cyril Ferraud, Michal et Ysa Ferrer.

20h15. C’est désormais sur "A l’ombre" et son remix electro trancy de Tony Romera que nous dansons. Pour entrer dans l’ambiance sombre de Farmer, une musique de type ambient est diffusée. Le public commence à faire la ola et des fans se mettent à réclamer leur idole : Mylène ! Mylène !




20h50. Bercy est plongé dans le noir. Un ensemble de points blancs perturbe notre regard dans cet éblouissant visuel introductif. Par le biais de cette expérience visuelle, nous sommes transportés dans les étoiles jusqu’à l’apparition furtive du visage de la star, peau et cheveux blancs comme sur la pochette de l’album. Le rideau s’écarte progressivement emportant sur les côtés ses fils composés de leds.

Notre voyage se poursuit jusqu’au cœur du vaisseau spacial qui est un vrai labyrinthe. Des modules entourent la porte ronde d’où sort enfin la star chantant À force de... Mylène montre d’emblée son esprit positif dans ce titre (qui se révèle être un bon choix pour l'ouverture) où elle répète "donner l'envie de vivre".

La rousse (la chanteuse n'a pas opté pour une perruque blanche !) porte ici un ensemble moulant et un long voile rose pâle qu’elle abandonne pour le second morceau. Le couturier Jean Paul Gaultier habille Mylène (Gautier !) pour cette nouvelle tournée futuriste à l’image de ce premier tableau. Celui-ci se poursuit avec Comme j’ai mal sous de beaux jeux de lumières aux rayons qui se croisent. "Bonsoir. Vous allez bien ? Vous reprenez avec moi ? C’est à vous !" nous lance-t-elle pour la reprise qui marque l’arrivée des musiciens, dont son fidèle complice Yvan Cassar.



2 robots blancs aux yeux rouges et à l'allure animale apparaissent ensuite. Mylène est toute mignonne entre les deux engins qui se mettent à danser. Sur l’intro de C’est une belle journée, elle fait quelques pas mécaniques. Ses 6 danseurs (bien) masculins la rejoignent ensuite pour la chorégraphie, cette fois très millimétrée. L’un de ses derniers gros tubes a droit à des arrangements légers qui soulignent la souplesse de cette chanteuse de 52 ans (le 12/09, soir où elle fera relâche) dont les images live sont diffusées sur l’écran géant.

Mylène s’installe derrière son pied de micro. Entourée de ses 3 guitaristes aux instruments décorés de leds, elle passe à son dernier single Monkey me envoyé aux radios récemment (dans une version electro). L’éclairage, toujours aussi beau, est cette fois rouge et jaune. L’ambiance a changé. La diva récupère un singe en peluche lancé par un fan avant de le jeter dans une fosse prête à tout pour le récupérer.

Mylène rend une visite au côté droit de la salle, puis aux spectateurs installés à gauche, en se déplaçant avec la légèreté d’une brindille. Elle récupère aussi un bouquet de fleurs qu’elle garde dans ses mains jusqu’à la fin. Très applaudie, elle marque une petite pause.






Le spectacle reprend dans une ambiance disco avec l’image d’un crâne chauve. C’est la mélodie de Slipping away (Crier la vie) qui retentit alors que le visage de Moby apparaît dans la vidéo. L’américain sera présent tout au long de ce film auquel sont ajoutées des images live de Mylène Farmer.

Mylène revient à son dernier album avec le morceau Elle a dit qu’elle chante seule derrière son pied de micro avant de le saisir pour déambuler à droite, à gauche. Les blocs de lumières se retournent tout simplement dans ce moment du spectacle où la mise en scène est très épurée.




Place maintenant à son tube composé par RedOne. Tiré de son avant dernier album "Bleu noir", Oui... mais non bénéficie de la présence des danseurs, torses nus. Ceux-ci se démultiplient virtuellement sur le grand écran derrière la scène. Mylène Farmer est debout sur quelques passages mais reste plutôt sur sa chaise blanche où elle prend les mêmes pauses lascives que dans le clip. C’est un moment du spectacle que l’on aime bien malgré une simplicité déconcertante. Peut-être aussi en raison de la chorégraphie menée de main de mettre par ses beaux danseurs...

Mylène a regagné les coulisses. Deux premiers robots apparaissent sur une mélodie classique. Désormais à cinq, les robots éclairés en rouge se contorsionnent sous des lasers intrusifs. Les filles de Mylène (comme elle les appelle) dansent de façon synchronisée. La mélodie vire techno sous les applaudissements de la foule ravie du spectacle.

La chorégraphie mécanique prend de la puissance au fur et à mesure que le rythme s’accélère. C’est un interlude jamais vu qui nous est proposé pour ce spectacle ; idée originale qui comble à merveille une petite pause de la star, quand d’autres nous laissaient visionner un long clip. Retour dans le futur avec cette mélodie au beat puissant qui s’achève sous les applaudissements d’un public conscient de la petite innovation proposée pour la première fois dans un show de ce type.




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